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Rentrée universitaire : 100% présentiel, 0% préparation !

Rentrée universitaire : 100% présentiel, 0% préparation !

A quelques jours de la rentrée universitaire, le protocole est enfin paru… derrière un article payant, un beau symbole de la politique du gouvernement. Si ce dernier annonce « Une  rentrée 100% en présentiel », sa stratégie ne tient pas la route !


En effet, le ministère table pour y parvenir sur une vaccination de masse. Si environ 80% des 18-29 ans seront vacciné-e-s pour la rentrée, le vaccin n’annule pas totalement la possibilité de transmission du virus, contrairement à ce que prétend M. Castex, notamment avec le variant delta. Comme à son habitude, le gouvernement continue de répéter de fausses informations, tordant la vérité scientifique au gré de sa politique, alimentant ainsi la défiance et ainsi la propagation de thèses complotistes au lieu de réaliser une réelle campagne de vaccination prenant en compte les inégalités d’accès à cette dernière. 


Il est aujourd’hui clair qu’avec le variant delta, la vaccination est une condition nécessaire mais non suffisante pour garantir l’absence de clusters sur les campus. Faute de jauge, les amphis de rentrée surchargés, rendront inutiles tous les gestes barrières, car la distanciation – première condition à leur application – sera impossible, comme le reconnait d’ailleurs Frédérique Vidal. Le ministère s’enferme là encore dans du paraître, ignorant complètement la santé des étudiant-e-s; l’aberration des 2,5 millions d’autotests pour environ 2,8 millions d’étudiant-e-s, parle là aussi d’elle-même. On ne peut que s’attendre à une flambée des cas début octobre avec cette gestion. Il est évident que le gouvernement se sert de la vaccination pour cacher son incompétence sur la pandémie, et pour essayer encore et toujours de se faire de l’argent sur le dos de la population. Si cette vaccination obligatoire est nécessaire, elle doit être accompagnée des mesures adéquates pour réduire la transmission du virus même entre personnes vaccinées. Actuellement, la situation de l’Enseignement Supérieur après 30 ans de libéralisation, incluant des suppressions de postes, un désengagement de l’État dans le financement des établissements, et un refus de prise en compte de l’augmentation des effectifs étudiants autrement qu’en sélectionnant, ne permet pas de répondre à la crise sanitaire par les mesures préconisées par Mme Vidal.


Enfin, si  l’objectif du gouvernement d’une rentrée en « 100% présentiel » est louable, ce dernier fait déjà marche arrière, en proposant de l’hybridation pour les étudiant-e-s non vacciné-e-s cas contacts et cas positifs. Si cette isolation fait sens, elle montre aussi que l’objectif du « 100% présentiel » n’est que de la communication pour le ministère. De plus, rappelons que l’hybridation est une forme d’enseignement bien plus exigeante pour les enseignant-e-s et plus difficile à vivre pour les étudiant-e-s.


Alors que depuis plus d’un an, Solidaires Étudiant-e-s revendique :    

– La fourniture de masques gratuits aux étudiant-e-s par les établissements financés par l’État.

-La réquisition des salles non-utilisées dans les bâtiments relevant de gestion publique, afin de déconcentrer les lieux d’études et de respecter les distances de sécurité.

– L’embauche d’enseignant-e-s en tant que titulaires pour assurer des cours en groupes réduits.

– L’ouverture de lieux de dépistage à proximité des lieux d’études, accessibles à tou-te-s sans justificatif médical ni carte vitale et maintien des tests COVID gratuits en nombres suffisants afin de détecter les cas au moindre doute et chaînes de contamination.

– Le recrutement massif de personnels de médecine préventive et universitaire dans les établissements, en tant que titulaires et non contractuels.- Un détecteur de CO2 dans toutes les salles de cours afin de vérifier que l’aération est suffisante.


Le gouvernement fait la sourde oreille à nos revendications, et s’obstine dans son mutisme politique et dans une gestion superficielle de la crise. 
C’est pour cela que nous devons nous mobiliser dès la rentrée pour nos conditions d’études et un protocole sanitaire à la hauteur de la pandémie. Pour la fin de la casse de l’université publique, mobilisons-nous contre la libéralisation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ! 

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