À LA UNEENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Hausse des frais d’inscription : Démolir l’université, reproduire les inégalités

Hausse des frais d’inscription : Démolir l’université, reproduire les inégalités

Le vendredi 14 janvier, lors de son discours de clôture du 50e anniversaire la Conférence des Présidents d’Université, renommée “France Universités”, Emmanuel Macron a annoncé la suite de ses projets de libéralisation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche : l’augmentation des frais d’inscriptions à l’Université.

“On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants” a déclaré le président. Il s’agit là d’un mythe libéral sur les études, celles-ci ayant un prix conséquent pour la quasi-totalité des étudiant-e-s que cela soit par les frais d’inscription, la CVEC, ou tout simplement le coût de la vie.

Comme la pandémie l’a mis en lumière, tous les étudiant-e-s n’ont pas accès à un appartement, une alimentation équilibrée, etc. Face à la précarité étudiante (qu’il a aggravé), le président préfère augmenter les frais d’inscription pour exclure les plus pauvres. 

Cette déclaration s’inscrit dans le cadre de la libéralisation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et dans la lignée du processus de Bologne.

Le projet libéral et capitaliste poursuivi par Macron vise à transférer le coût des études sur les étudiant-e-s et à exclure les classes populaires de l’enseignement supérieur. 

La sélection, mise en place par l’arrêté licence de 2018, et l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant-e-s étranger-e-s extra-européen-ne-s en 2019 et la LPR en 2020 allaient dans ce sens, celui suivi par les gouvernements successifs depuis 35 ans. 

C’est à nouveau un projet qui va limiter l’accès au supérieur pour les classes populaires. Après la sélection de Parcoursup, c’est la sélection par l’argent.

Les enfants de travailleur-euse-s qui voudraient accéder à l’université devront s’endetter, menant aux mêmes résultats qu’aux États-Unis.

 Il s’agit également d’un pas de plus vers la fin du service public de l’Enseignement Supérieur. En alignant l’Université sur les grandes écoles, l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur est révolue : Macron souhaite en faire des établissements dits d’excellence selon le Classement de Shanghai. 

C’est également un projet de contrôle politique des savoirs. Comme aux États-Unis ou au Royaume-Uni, ceux et celles qui pourront entrer à l’université seront les enfants de la bourgeoisie.

Les travailleur-euse-s, qui devront s’endetter pour accéder aux études supérieures, n’auront plus les moyens de faire des recherches critiques de l’ordre en place.

Enfin, ce projet politique s’oriente aussi vers une ingérence du privé de plus en plus forte dans les formations publiques, avec notamment la volonté de créer des universités plus “professionnalisantes” qui devraient “garantir l’orientation des jeunes vers l’emploi”, tout en confiant au privé les financements de la recherche. Or, les entreprises n’auront pas envie de financer des recherches ne leur apportant pas de profit.

Le service public de l’Enseignement Supérieur n’a pas à devenir une antichambre de formation pour les entreprises, mais doit rester un vecteur de transmission de savoir et de formation et de formation, notamment critique, même quand ce dernier n’est pas utile ou rentable aux yeux du capitalisme libéral ! 

Contre le projet d’un Enseignement Supérieur sélectif, élitiste, autoritaire et aligné sur les intérêts privés, nous défendons une Université ouverte à toutes et tous, émancipatrice, publique et autogérée. Pour lutter contre la sélection sociale à l’Université, mobilisons-nous le 3 février !

Pour organiser la riposte, pour la défense et l’amélioration de nos conditions matérielles d’études, syndiquons-nous !

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