Après la loi Bienvenue en France de 2019 qui a multiplié par 16 les frais d’inscription pour les étudiant-es extracommunautaire, le gouvernement par la voie de Philippe Batiste ministre de l’Enseignement Supérieur souhaite revenir sur la possibilité des universités d’exonérer les étudiant-es étrangers avec une nouvelle loi.
Cette loi imposera à toutes les universités de faire payer des frais d’inscriptions mirobolants aux étudiant-es etranger-es et seuls 10% du nombre total d’étudiant-es étranger-es pourront être exonérés instaurant une compétition encore plus grande entre étudiant-es étranger-es.
Certaines universités avaient en effet, à l’instar de celle de Nantes ou Grenoble, décidées de ne pas appliquer cette politique raciste en compensant financièrement sur leur fonds propres. C’est ce que le ministre souhaite désormais interdire pour faire appliquer entièrement sa loi raciste.
Rien qu’à Grenoble ce sont 5000 étudiant-es qui sont concerné-es par cette augmentation violente des frais d’inscription.
Le gouvernement ne cache même plus son racisme crasse. Avec cette annonce il assume au grand jour ce qu’il construit depuis des années : une université où l’on trie, où l’on sélectionne, où l’on facture et fracture, où l’on exclut. Une université où les étudiant·es venu·es d’ailleurs sont considéré·es que comme des profils à rentabiliser, des “talents” à capter au service de l’économie. L’entretien accordé par Philippe Baptiste est limpide : il faut cibler les “bons” profils, concentrer les moyens sur les secteurs jugés stratégiques, faire payer davantage les étudiant·es extracommunautaires, et empêcher les universités de neutraliser cette politique par des exonérations trop larges.
C’est une politique de tri social et national.
Quand un ministre explique que la règle doit être celle des droits différenciés et que l’exonération doit redevenir l’exception, il ne parle pas d’ouverture. Il parle de sélection raciste. Il parle d’une université à plusieurs vitesses. Il parle d’un système où l’argent, la nationalité et l’utilité économique supposée déterminent qui a le droit d’étudier dans de bonnes conditions et qui doit payer le prix fort.
Le gouvernement veut faire payer 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master à une majorité des étudiant·es extracommunautaires, tout en limitant les exonérations à des cas toujours plus étroits. Il a annoncé que les universités ne pourrait plus qu’exonérer que 10% de leur étudiant-es étrangers.
Le ministre assume même que cette politique pourrait rapporter 250 millions d’euros par an aux universités. Au lieu de financer l’enseignement supérieur public, l’État choisit de le faire financer parcelles et ceux qu’il expose déjà à la précarité administrative, sociale et matérielle.
C’est une politique ignoble, une politique indigne, une politique capitaliste et raciste !
- Ignoble parce qu’elle prépare l’opinion à une idée simple : payer plus serait normal, la gratuité serait archaïque, l’université devrait obéir au marché.
- Indigne car elle habille la xénophobie
- Capitaliste parce qu’elle transforme le savoir en marchandise et les étudiant·es en client·es solvables ou indésirables.
- Raciste parce qu’elle frappe d’abord celles et ceux qui ont déjà le moins de protections.
Nous tenons à rappeler que les étudiant·es étranger·es ne sont ni une caisse de compensation budgétaire, ni une réserve de main-d’œuvre qualifiée, ni une clientèle internationale à exploiter.
Cette offensive ne concerne pas seulement les étudiant·es étranger·es. Elle les vise d’abord parce qu’iels sont plus faciles à isoler, plus simples à désigner comme variables d’ajustement, plus commodes à sacrifier sur l’autel de l’austérité et du nationalisme universitaire. Mais ce qui se joue ici dépasse largement ce public. Ce que le gouvernement teste aujourd’hui sur les étudiant·es extracommunautaires, il cherchera demain à l’étendre ailleurs : hausse des coûts, recul des droits, sélection accrue, mise en concurrence généralisée, adaptation de l’enseignement supérieur aux intérêts patronaux.
