COMMUNIQUESENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Rencontre avec Sylvie Retailleau : il est l’heure de mettre la pression !

Rencontre avec Sylvie Retailleau : il est l’heure de mettre la pression !

Le 28 juin dernier, sur invitation nos camarades de SUD éducation et aux côtés de SUD Recherche nous avons pu rencontrer Sylvie Retailleau, nouvelle ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. 

Lors de cette rencontre, nous avons fait remonter un certain nombre de nos revendications. La pauvreté étudiante en tête. Nous avons rappelé à la ministre quelques réalités. Un quart des étudiant-es sous le seuil de pauvreté, 40% obligé-es de travailler pour vivre, des files d’attente devenues banales devant les distributions alimentaires…C’est ça la réalité dans nos universités. 

Pour nous cela passe par une revalorisation immédiate de 20% des bourses, la généralisation du repas à 1€ pour l’ensemble des étudiant-es et par la mise en place d’un salaire étudiant socialisé. 

La ministre nous a affirmé qu’une réforme des bourses sur critères sociaux allait avoir lieu, nous assurant que cette dernière permettrait une augmentation générale et un élargissement du périmètre actuel des étudiant-e-s bénéficiaires de ces bourses. Sans toutefois nous donner d’information sur les augmentations, mais elle nous l’a assuré : « certainement pas 20% d’augmentation ! ». Expérimentation prévue à la rentrée 2023, sans garantie. 

La mise en place de bourses de mobilités pour les étudiant-es qui ne peuvent pas faire le Master de leur choix dans la ville où ils et elles ont fait leur Licence semble aussi en discussion. 

La question du maintien ou non des repas à 1 pour les étudiant-es boursier-es et actuellement en discussion, Sylvie Retailleau semble ouverte à ce maintien et porte également un projet d’élargissement des étudiant-e-s bénéficiaires , mais évidemment pas pour tous-tes les étudiant-es.   

Aucune amélioration significative des conditions  matérielles d’existence des étudiant-es n’est prévue. 

Sur d’autres perspectives, nous avons pu évoquer la question des sélections à l’entrée en Licence et en Master. A propos de la sortie d’E. Macron en janvier dernier (« nous ne pourrons pas rester dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun coût pour la quasi-intégralité des étudiants »), la ministre s’est engagée à aucune hausse des frais d’inscriptions pour les diplômes nationaux de Licence et de Master. 

Point de suppression de Parcoursup, le ministère persiste dans l’inégalité, seulement un ajout des notes des épreuves de spécialités du bac. Sur la question déjà repoussée d’une nouvelle plateforme de candidature pour les masters, la ministre nous rapporte que de nouvelles discussions vont être lancées. 

Sur un plan de politique générale, pas de changement, Sylvie Retailleau va poursuivre l’entreprise de destruction de l’Enseignement Supérieur par la libéralisation. La ministre défend farouchement l’autonomie des universités : pour nous, cette autonomie participe en réalité de la mise en concurrence des établissements, des étudiant-e-s et des chercheur-euses. C’est tout l’inverse d’un service public d’enseignement supérieur ouvertes à toutes et tous. 

Sans surprise pour nous, rien de satisfaisant ne ressort de cette rencontre, très peu de choses sont à attendre de ce nouveau ministère dont les inclinations néo-libérales n’ont pas bougé et semble même sur certains points s’accroitre. 

Contre la destruction libérale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et pour une Université ouverte, gratuite et émancipatrice, il est essentiel de se mobiliser et de se syndiquer, le rapport de force se construit dès maintenant !

Share this post

About the author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.