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Islamophobie à l’université, stop à l’instrumentalisation de la laïcité !

Islamophobie à l’université, stop à l’instrumentalisation de la laïcité !

Depuis plusieurs années, la stigmatisation des musulman-es en France monte en puissance, le quinquennat Macron a banalisé les rhétoriques d’extrême-droite sous prétexte de combattre un islam radical. Une islamophobie décomplexée a envahi le débat public et s’est traduite par un climat ouvertement hostile envers les musulman-es, et ce largement à travers des mesures de l’État profondément discriminantes. L’enseignement supérieur n’a pas été épargné par ces dynamiques : multiplication des agressions islamophobes, l’université qualifiée de « terreau de l’islamo-gauchisme » par le gouvernement, principes de la laïcité bafouée dans ce service public, etc.

Nous rappelons que les principes de neutralité du service public et de laïcité n’interdisent en rien le port de signes religieux par des usager-es du service public, et sont censés garantir l’accès de ces dernier-es au dit service public. Or, les détracteur-ices de l’islam se plaisent à repousser toujours plus les limites de cette laïcité, en contradiction avec la lettre de la loi de 1905, pour justifier leurs attaques racistes contre les musulman-es, et, par extension, contre toute personne noire, d’origine nord-africaine ou du Proche et Moyen-Orient, automatiquement assimilée par l’imaginaire raciste à l’islam.

Nous dénonçons fermement cette banalisation de l’islamophobie et des clichés dangereux qui vont de pair avec. La normalisation de ces discours racistes est telle qu’ils se retrouvent même dans des sujets de l’INSPE (Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation), organisme formant les futur-es enseignant-es. Ainsi, des futur-es professeur-es ont eu à traiter en examen, le 11 mai 2022, le cas d’une élève en situation de décrochage scolaire, et posant des problèmes de discipline qui “parlerait régulièrement arabe dans certains cours” et qui “ferait référence à Allah”. Cet exemple illustre parfaitement les raccourcis effrayants que le gouvernement Macron, dans le sillon de l’extrême-droite, cherche à diffuser, et leur perpétuation par nos institutions pourtant censées être neutres.

Au sein même de nos universités, les mêmes stigmatisations sont perpétuées, tant par les étudiant-es que par les professeur-es. Ainsi, à Lyon III, des étudiantes se sont vues arraché leur voile et ont été la cible de harcèlement et d’insultes en plein milieu de cours magistraux. En classe préparatoire, les étudiantes ne sont pas du tout autorisées à porter le voile car les lycées ne sont pas des établissements de l’ESR. De même, il est monnaie courante dans les facs que des profs de sport interdisent l’accès aux cours et aux compétitions sportives sous des prétextes fallacieux: le port du voile ne serait pas hygiénique, ou dangereux dans la pratique sportive. Pourtant, faut-il rappeler que des sportives de haut niveau portent le voile…

A la fac de Strasbourg, Solidaires Etudiant-e-s a réussi à faire modifier le règlement intérieur pour lever l’interdiction du port du voile au SUAPS.

Nous avons des droits, faisons les respecter ! Avec le syndicat, combattons le racisme et l’islamophobie à l’université !

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