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Dans l’entre deux-tours et comme toujours, solidarité avec les étudiant-es étranger-es !

Dans l’entre deux-tours et comme toujours, solidarité avec les étudiant-es étranger-es !

Dans le contexte anxiogène du second tour de l’élection présidentielle où vont s’affronter ce dimanche droite libérale-autoritaire et extrême droite, la fédération Solidaires étudiant-e-s adresse toute sa solidarité avec les étudiant-es étranger-es résidant sur le territoire.

Les confinements successifs et les cours en distanciel de ces deux dernières années ont été des moments où la précarité étudiante s’est largement accrue. Les étudiant-es étranger-es en ont été les premières victimes : isolement loin de leurs familles, perte d’emploi et de ressources, impossibilité de renouveler leur titre de séjour, etc. Si les conditions favorisant l’échec et la pauvreté ont été réunies pour tous-tes les étudiant-es, le risque de se trouver dans cette situation s’accentue pour les étudiant-es étranger-es.

La régularisation est devenue encore plus difficile, voir quasi impossibles à cause des politiques restrictives menées par les préfectures et l’OFPRA, ainsi que par l’accélération de la dématérialisation des demandes de titres de séjour.

Pour les personnes exilées, la reprise d’étude est toujours un parcours du combattant : entre des procédures d’inscription inadaptées comme la Demande d’Admission Préalable (DAP), la difficulté d’obtenir des moyens de subsistance (accès aux bourses ou aux logements conditionné à l’obtention d’un titre de séjour voire de la nationalité française).

Le quinquennat d’Emmanuel Macron et de sa ministre de l’Enseignement Supérieur et la Recherche Frédérique Vidal sera à jamais marqué par l’indignité et le cynisme du Plan « Bienvenue en France », qui prévoit (entre autres) une augmentation de plusieurs milliers d’euros des frais d’inscription pour les étudiant-es extra-communautaires.

Sur nos lieux d’étude, les groupuscules d’extrême droite tels que l’UNI ont défendu le Plan Bienvenue en France. La Cocarde quant à elle, prône la mise en place de la « préférence nationale » dans l’attribution des résidences universitaires. C’est en sens que l’extrême droite représente la menace principale pour l’ESR et les personnes étrangères, désignées comme boucs émissaires.

Plus que jamais, pas une voix pour l’extrême droite !

L’adversaire du président sortant, la candidate fasciste Marine Le Pen, prévoit dans son programme ouvertement raciste et xénophobe de restreindre encore plus les conditions d’accès et de poursuite d’étude dans l’ESR aux extra européen-nes : Inscription dans la Constitution d’un principe de priorité nationale, suppression du droit d’asile et des voies de recours en matière de droit des étranger-es, criminalisation des organisations d’étudiant-es étranger-es et/ou allié-es…

Enfin, le contexte de la guerre en Ukraine, de nombreux-ses étudiant-es ont dû fuir leur pays d’origine, et souhaitent reprendre leurs études en France. Or malgré les élans de solidarité spontanés de la part de nombreuses universités, les mesures mises en place pour assurer un véritable accueil ne sont pas à la hauteur.

Dans ce moment particulièrement difficile et face à un avenir incertain, nous affirmons donc notre solidarité à l’égard de tou-tes les étudiant-es étranger-es. Nous continuerons de refuser chaque politique d’hostilité, et militerons dans cet entre deux tours mais aussi tout le temps pour une fac réellement ouverte à tou-tes, sans condition de titre de séjour, de nationalité ou de revenus. Pourtant, des mesures concrètes peuvent améliorer immédiatement et sur le long terme les conditions de vie et d’études des étudiant-es exilé-es.

Ainsi, nous revendiquons :

L’octroi d’un titre de séjour systématiquement à chaque carte étudiante délivrée à un-e étudiant-e étranger-e (1 carte étudiante = 1 titre de séjour)

– L’abrogation du Plan Bienvenue en France et alignement sur les frais d’inscriptions des étudiant-es nationaux·les pour les étudiant-e-s extra-communautaires

– L’ouverture des bourses du CROUS à toutes et tous les extra-européens, sur les mêmes critères que les étudiant-e-s national-aux

– Des quotas d’étudiant-es étranger-es dans les logements universitaires et ouverture des procédures aux étudiant-es sans papiers

– La gratuité des procédures Campus France

– La suppression de la restriction du nombre d’heures de travail pour les personnes détenant un visa étudiant

– La fin pour les étudiant-es étranger-es de la dépendance à une garantie stricte de l’État

-L’internalisation par le Ministère de l’ESR des traductions de diplômes, et la possibilité d’accéder à un guichet les procédures de dématérialisation avec le logiciel d’équivalence des diplômes ENIC-NARIC

– L’affiliation au régime général de l’Assurance Maladie de tou-tes les étudiant-es étranger-es, qu’ils/elles aient un titre de séjour ou non.

– La généralisation des Diplômes Universitaires de reprise d’étude pour les étudiant-es exilé-es (dits « DU Passerelles« ) par l’octroi d’aides financières pérennes, leur reconnaissance comme un diplôme national permettant la reprise d’étude et la création de postes d’enseignant-es chercheur-ses.

L’abrogation de la Demande d’Admission Préalable (DAP) dossier vert et la mise en place d’un dossier unique dérogatoire dans toutes les universités en France, destiné aux étudiant·e·s en exil.

Signataires : Solidaires étudiant-es, RESOME, MigrENS

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