[Communiqué] Les étudiant-e-s se suicident, les liberaux leurs proposent de s’endetter.

Les étudiant-e-s se suicident,
Les libéraux leur proposent de s’endetter

Alors que les étudiant-e-s souffrent plus que jamais de la précarité, la réduction de l’activité, lié a la crise sanitaire, a fortement impacté la situation économique d’une part importante d’entre nous. En effet, près d’un-e étudiant-e-s sur deux étaient contraint-e-s de se salarier pour étudier avant le début de la crise. Nous avons besoin de mesures fortes pour répondre aux besoins des universités mais également pour répondre à la précarité qui nous submerge et qui ne cesse de croître et de gagner en visibilité, notamment depuis l’immolation de notre camarade devant le CROUS de Lyon. Ce gouvernement n’a cessé de répondre que par des mesures palliatives en-deçà des enjeux réel : numéros verts, nouveau parcours de santé, repas à 1€, toutes ces mesures ne répondent en aucun cas à la gravité et à l’urgence de la situation. Face à cette situation un brave soldat, député de la majorité, Stanislas Guerini, entend exposer une solution, celle de permettre et d’encourager les plus précaires d’entre nous à contracter un prêt auprès de l’État. Si cette proposition est reprise par le gouvernement, elle actera définitivement que le seul avenir que laisse entrevoir Macron est l’endettement massif des étudiant-e-s. Mais qu’attendre de ce gouvernement alors que l’un de ses ministres estime que la seule aspiration qu’on a à 18 ans c’est de trouver un travail. Cette proposition est dans la droite ligne libérale de LaREM. En 2016 Robert Gary-Bobo*, conseiller de Macron, suggérait d’augmenter les frais d’inscription, « le nerf de la guerre », et de viser 8 000€ en Licence et 10 000€ en Master… pour tou-tes les étudiant-e-s. Cette augmentation s’accompagnant d’un développement massif des crédits à destination des étudiant-e-s. Ainsi, cette proposition marque un pas de plus vers le modèle anglo-saxons où une récente enquête à révélé « que les étudiants les moins favorisés risquaient de terminer leur cursus dans le supérieur avec une dette excédant 57.000 livres, soit 64.200 euros », et que « certaines personnes se retrouveraient contraintes de rembourser leur emprunt pendant 30 ans, délai maximum avant l’effacement définitif de l’ardoise ».** Voilà donc l’objectif de LaREM, un système d’enseignement supérieur et de recherche où les étudiant-e-s s’endetteront à vie pour étudier. Une université fermé aux enfants issues de la classe laborieuse mais grandement ouverte aux intérêts privés. La situation sanitaire actuelle servirait-elle de prétexte pour réactiver la volonté libérale d’un gouvernement à mal de détruire l’université publique ? Quand allons-nous sortir de la logique du processus de Bologne qui vise à faire de l’enseignement supérieur et de la recherche une marchandise et non un bien commun au service de tous? Face à la situation sanitaire, à la crise qui l’accompagne et à la précarité grandissante nous réaffirmons l’urgence de la mise en place d’un salaire étudiant, permettant à tou-te-s de pouvoir étudier et vivre dignement, sans avoir l’obligation de se salarier à côté. Les étudiant-e-s sont des travailleur-e-s en formation, producteur-ices de savoir. Il est grand temps de reconnaître leur place dans notre société. Il est grand temps que leur travail soit rémunéré et leur permette de vivre dignement. Nous appelons les étudiant-e-s à continuer à s’organiser collectivement et à amplifier la mobilisation en prenant part à la journée du 4 février !

*https://www.snesup.fr/sites/default/files/fichier/contribution_gary-bobo.pdf ** https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/en-angleterre-annuler-les-dettes-etudiantes-couterait-moins-cher-qu-annonce-751003.html

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