[Communiqué] #EtudiantsFantomes, ministre transparente

Le rapport sur les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse a été publié en décembre 2020. Il rappelle qu’un·e étudiant·e sur quatre déclare avoir un haut niveau d’anxiété, que 16 % souffrent d’une dépression sévère et que plus d’un·e étudiant·e·s sur dix a des pensées suicidaires. Plus encore, les difficultés financières s’accumulent : c’est 21% des étudiant-e-s qui déclaraient avoir beaucoup moins bien mangé lors du 1er confinement, chiffre doublé pour les étudiant-e-s étranger-e-s.

Laissé-e-s pour compte, les étudiant-e-s se sont mobilisé-e-s. Sur les réseaux sociaux d’abord, par la biais du #etudiantsfantomes qui a pris une énorme ampleur le jour de son lancement. Cette colère s’est traduite par des mobilisations dans toute la France les 20/01 et 21/01, comptabilisant plus de 5 000 étudiant-e-s dans les rues.
Ces manifestations ont poussé Emmanuel Macron à sortir de son silence pour donner des directions vagues à moins d’une semaine du démarrage du 2ème semestre. Nous avons redécouvert l’existence de notre ministre, Frédérique Vidal, qui a essayé, tant bien que mal, de pallier des années de sous investissement dans l’ESR par des effets d’annonce.
A cette occasion, ils ont annoncé que le second semestre ne sera pas celui d’un retour en présentiel «à la normale». Ce que le gouvernement propose, c’est un retour d’une journée par semaine en présentiel, avec une jauge maximale de 20% des effectifs. Le lancement d’un «chèque santé mentale» ainsi que l’extension des repas CROUS à 1€ pour tou-te-s les étudiant-e-s ont également été notifiés lors de cette prise de parole.
Cependant, à moyens égaux, il est impossible d’appliquer ces mesures. Sans suffisamment d’enseignant-e-s, de salles disponibles, de personnels administratifs, il sera impossible de faire revenir les étudiant-e-s sans mettre l’ensemble de la communauté universitaire en danger. Aucune date n’a d’ailleurs été donnée pour cette rentrée en présentiel. L’imprécision de ces annonces ne fait qu’augmenter l’anxiété et l’incertitude des étudiant-e-s. Par ailleurs, l’extension des repas CROUS est à saluer, elle est pourtant insuffisante pour les étudiant-e-s habitant loin de leur lieu d’études.
Le lancement de ce chèque est des plus obscurs. En France, les universités sont dotées d’un-e psychologue pour 30 000 étudiant-e-s, alors que les recommandations internationales optent pour 1 psychologue pour 1 500 étudiant-e-s. C’est plutôt d’un investissement massif dans les Services de Santé Universitaire dont nous aurions besoin. Par ailleurs, proposer un accompagnement psy sans régler les difficultés matérielles et financières des étudiant-e-s, c’est mettre un pansement sur une jambe de bois.
Nous déplorons le si peu de considération du gouvernement pour sa jeunesse étudiante.
Ainsi, nous affirmons encore aujourd’hui que des mesures doivent être prises pour lutter réellement contre l’impact de la crise sanitaire et sociale et nous revendiquons :

  • la mise à disposition gratuite de gel et de masques selon les normes recommandées par le Haut Conseil de Santé Publique à destination des étudiant-e-s ainsi que du personnel. Les lieux d’études doivent pouvoir accueillir des centres de dépistage.
  • le recrutement de personnel de santé en nombre pour répondre à la détresse psychologique ainsi qu’aux problèmes de santé physique qui touchent les étudiant-e-s
  • un plan de rattrapage du retard accumulé, un droit de retour à la formation pour l’ensemble de celles et ceux qui ont abandonné leurs études depuis mars dernier
  • pour les redoublant-e-s (mais pas que) une année de bourse supplémentaire (ou plus) doit être attribuée
  • le rattrapage des examens notamment pour celles et ceux touché-e-s par le COVID durant la période et l’obligation pour les formations d’organiser une deuxième session d’examens
  • la réquisition de locaux non utilisés par les municipalités, départements, régions et l’État, ainsi que la réhabilitation et la construction de locaux pour les universités et les résidences étudiantes
  • la hausse immédiate de l’ensemble des bourses, l’abandon de la préférence nationale et la simplification des démarches ainsi que l’accélération de la procédure
  • le retrait des réformes de libéralisation de l’enseignement supérieur et de la recherche ainsi qu’un investissement massif dans l’ESR

Nous appelons l’ensemble des étudiant-e-s et de la communauté universitaire à participer à la journée d’action du 26 janvier pour le secteur éducatif, puis le 4 février pour tous et toutes !

Author: Noémie SESL

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