Etudiant-e-s des quartiers populaires : toujours et encore victimes du racisme d’Etat

Tu es étudiant-e et tu vis dans un quartier populaire ? Vidal est claire à ton sujet : tu n’existe pas. Ta réalité n’existe pas.

Depuis le début du confinement, la police arbitre les conditions de confinement selon ses envies. Dans le 18ème arrondissement de Paris, dans certaines rues, un bal populaire (étonnamment blanc) est toléré; dans d’autres, couvre feu pour les petits commerces et coups de pressions sur les personnes racisées* venues faire leurs courses.

La police est raciste, la police assassine, et cela de manière exponentielle depuis le début du confinement. En moins de deux semaines, dans toute la France, plus de 10 personnes ont été blessées et Malik (25 ans), un homme de 60 ans, Boris (28 ans), un homme de 28 ans, un homme de 49 ans et Mohamed (34 ans) sont morts entre les mains de la police.

Dans ce contexte d’angoisse et d’incertitudes, de nombreux-ses étudiant-e-s sont pris en étau entre une université qui souhaite garantir une “forme de valeur au diplôme”, mettant à mal nos conditions de vie et d’études – et les violences institutionnelles qui maintiennent les étudiant-e-s racisé-e-s dans une précarité bien plus grande.

L’impératif de continuité pédagogique annoncé par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Mme Vidal, ne prend pas en compte les nombreuses inégalités existant entre les étudiant-e-s, exacerbées durant cette période de confinement. Les étudiant-e-s vivant dans les quartiers populaires font d’autant plus face à la crise sanitaire et ses conséquences économiques et matérielles.

En Seine-Saint-Denis, un des départements le plus pauvre de France et le plus touché par la crise sanitaire, de nombreux-ses étudiant-e-s se sont retrouvé-e-s sans emploi, les restaurants universitaires sont fermés et il n’y a pas ou peu d’aides pour les étudiant-e-s de la part des CROUS. Iels doivent se tourner vers l’aide alimentaire. Des distributions de nourriture sont organisées par des associations. Le Secours populaire et Solidaires Etudiant-e-s Saint-Denis ont ainsi reçu plus de 300 demandes de colis alimentaires en 24h sur la seule zone de Saint-Denis. Les étudiant-e-s qui ont peu de ressources financières ont aussi un accès limité au matériel informatique et à Internet.

Les réseaux sont sursaturés et il y a rarement plus de 1 ordinateur par foyer. D’autant plus que les mesures préfectorales différenciées dans ces quartiers comme la fermeture des commerces de proximité à certaines heures (qui entraînent une congestion sur les heures ouvertes…) ou l’interdiction des marchés entraînent elles aussi des dépenses supplémentaires.

A ces inégalités, s’ajoute le harcèlement policier incessant dans de nombreux quartiers : présence constante, contrôles, menaces, coups… Dès le début du confinement, les médias ont mené une campagne alimentant le discours néocolonial de maîtrise des quartiers populaires, systématiquement présentés comme indisciplinés, surpeuplés et donc à réprimer. Cachés derrière les barres des grands ensembles, les flics se lâchent, coups de tazers, passages à tabac, et déjà des morts… Leur violence, jamais condamnée, s’est renforcée pendant le confinement, et les personnes racisées sont leur cible privilégiée.

Cette volonté de continuité pédagogique déconnectée de la réalité, rend plus visible le visage de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, fait pour les blanc-he-s et les bourgeois-e-s, qui valorise ses formations au détriment des étudiant-e-s dans les situations les plus précaires.

*personne non-blanche victime de racisme

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